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Itinéraire martiniquais

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Immigration indienne en Martinique

Immigration indienne en Martinique

Martinique, nous voilà!

Découverte de notre studio à Ste-Anne (pointe sud de l’île) réservé grâce au site Homelidays. Arrivé en début de soirée, une belle attention nous attendait:  Stéphanie, la propriétaire, nous avait laissé quelques produits dans le frigo afin que nous ayons un souper et un petit-déjeuner pour notre 1er jour. Nous avons adoré notre logement. Et cette 1re nuit fut accompagnée d’un concours sonore de grenouilles, grillons et autres bestioles.

Aquabulle

1er jour en Martinique: pluie, temps nuageux mais 28°C. L’Office du Tourisme du Marin est une mine d’information sans parler de l’accueil charmant des hôtesses.

Aquabulle au Marin

Aquabulle au Marin

Comme il pleuvait, nous sommes allés faire une balade maritime à bord de l‘Aquabulle. Une promenade commentée d’1h30 sur un bateau à coque transparente. On y observe les poissons et les récifs coralliens à 1m50 en-dessous du niveau de la mer. Le guide connaît son sujet et nous avons appris une tonne de choses sur la faune aquatique. Le jus de fruit et le planteur faisaient partie du voyage. Nous étions 5 visiteurs sur le bateau, presque une virée privée sous la drache. 26 € par personne, enfant gratuit jusqu’à 10 ans, bon de réduction de 3 € à l’Office du Tourisme.

Cuisine antillaise mais les lasagnes sont à se damner.

Le Marin Mouillage – Cuisine antillaise et leurs lasagnes sont à se damner.

Découverte de la cuisine martiniquaise au restaurant le « Marin Mouillage ». Une belle demeure où l’on déguste le menu à 12 € (composé d’acras, colombo de poulet et flan coco) sur la terrasse du 1er étage. A tomber raide. On y retournera régulièrement au cours de notre séjour. D’ailleurs, les vendredis et les samedis : soirées grillades.

Ensuite, courses au supermarché Leader Price, une enseigne inconnue en Belgique. Nous avons été agréablement surpris. Très bon rapport qualité-prix avec de nombreux produits fabriqués sur l’île. Une bonne option aussi pour rapporter rhums, épices et confitures du pays. Après une micro sieste, visite de Sainte-Anne. Une petite ville endormie avec une drôle atmosphère en basse saison.

Pointe Marin et Habitation Clément

Pointe Marin

Le lendemain: soleil et nuages mais 35°C! Baignade tôt le matin: 8h30. Personne sur la plage de la Pointe Marin. On y accède à pied depuis le logement. Très bel endroit situé juste à côté de la zone réservée au Club Med… et à deux pas d’un joli pommier. Ah non c’est un mancenillier (bien indiqué)!

Pointe Marin - Sainte-Anne

Pointe Marin – Sainte-Anne

Le François

Photo du blog « bsoft-team »

Ensuite, découverte du François dont ses habitants sont les Franciscains. La baie du François, située sur la côte atlantique, est très prisée pour ses Fonds Blancs, sortes de remontées de sable au milieu de l’eau. Résultat: on se trouve « loin » de la côte avec de l’eau jusqu’à la taille. Une autoroute à touristes. Le plus célèbre est la Baignoire de Joséphine (qui apparemment n’a jamais connu la joie d’accueillir Joséphine de Beauharnais).

Avant de prendre la route pour l’Habitation Clément, dégustation d’un ragoût de cabri Chez Léger. Ici pas de carte. On prend le plat du jour. Ensuite, on s’arme de patience et c’est tant mieux. Un snack local où l’on fait honneur à la cuisine. Cependant, malgré ces commentaires élogieux, nous devons boycotter cet endroit. En juin 2014, soit un an plus tard, nous y retournerons. Quelle déception! Après 45 minutes d’attente sans carte et sans eau pour notre fille, on nous a tout simplement fait savoir que l’on ne nous servirait pas à cause de la couleur de notre peau! Difficile d’expliquer la situation à une enfant 😦

Habitation Clément: rhum, maison coloniale et jardin arboré

La palmeraie de l'Habitation Clément

La palmeraie de l’Habitation Clément

L'ancienne distillerie

L’ancienne distillerie

Située dans la commune du François et au coeur d’un domaine de 160 ha, la visite de l’Habitation Clément (12€/p) commence par les jardins et sa palmeraie. Un audioguide (compris dans le prix de l’entrée) permet de suivre le sens de la visite. Le terme « Habitation » désigne un domaine agricole et/ou industriel où l’on exploitait la canne à sucre.

La fabrication du rhum proprement dite se passe un peu plus loin, près de la maison des propriétaires. Dans l’ancienne distillerie, machines et documents expliquent le processus mais aussi la vie domestique et économique. Un peu déçu car le procédé de transformation et de fabrication du rhum reste assez obscurs pour un novice.

Le domaine ne distille plus de rhum depuis 1988 mais fabrique le sien à partir de celui de la distillerie Simon.

Les persiennes qui garnissent portes, baies et fenêtres protègent du soleil et de la pluie et favorise une ventilation naturelle.

Les persiennes qui garnissent portes, baies et fenêtres protègent du soleil et de la pluie et favorise une ventilation naturelle.

Juste à côté, une superbe bâtisse créole sur deux étages surplombe la colline. Bâtie sur le modèle des maisons de Louisiane, ces habitations étaient traditionnellement érigées sur un morne. Deux avantages: éviter les inondations et profiter de la vue. Les meubles en acajou s’inspirent également de ces maisons américaines.

Une « Case à vent » y était parfois annexée afin de servir de refuge en cas d’ouragan.

Entourée d’arbres fruitiers centenaires, les mangues sont à portée de main.

Intérieur créole de l'Habitation Clément

Intérieur créole de l’Habitation Clément

Rhum blanc et rhum vieux

Tonneaux de rhum Clément

Tonneaux de rhum Clément

La visite se termine sur une note agréable: la dégustation des produits Clément. Les prix sont tout aussi intéressants. Certains rhums ne sont d’ailleurs disponibles que sur place.

Coup de coeur pour les cuvées hors d’âge « Clément » et « Honoré ».

On y apprend également que la canne à sucre est originaire de Nouvelle-Guinée et arrive à maturité entre février et mai. Le rhum dit agricole est produit à partir de jus de canne fermenté, tandis que le rhum non agricole est produit à partir des mélasses.

Ensuite le rhum blanc agricole est stocké après distillation de trois à huit mois dans des cuves en inox. Tandis que le rhum vieux est vieilli en fûts de moins de 650 litres- pour prétendre à la dénomination– pendant trois, six ou dix ans.

Conseil: achetez votre rhum sur place. Nous avons comparé les prix avec ceux du Carrefour: moins intéressants et gamme plus restreinte. Le plus cher? A l’aéroport.

Entre le François et le Marin, la route des crêtes est à couper le souffle (dixit le Routard). Et bien on a pas vu car on s’est trompé de chemin.

Schoelcher et Saint-Pierre

Schoelcher

Office du Tourisme à Schoelcher

Office du Tourisme à Schoelcher

La ville porte le nom du député Schoelcher qui obtint l’abolition de l’esclavage en 1848.

Une course de yoles devait s’y dérouler. On a vu la mer et quelque chose au loin, c’est tout. L’Office du Tourisme, situé dans une mignonne maison de poupées tout en bois coloré, nous a expliqué gentiment qu’il n’y avait rien à voir à Schoelcher.

Saint-Pierre

Du coup, direction Saint-Pierre. En venant de Schoelcher, la vue est impressionnante sur la baie et la montagne Pelée. La ville était en chantier et de nombreux camions la traversaient continuellement. Les rues étant étroites, il faut bien faire attention aux enfants.

Le « Petit Paris des Antilles »

Laissez votre guide et parcourez les rues. L’ancien « Petit Paris des Antilles » qui brillait par son opulence, sa bonne société, son commerce florissant était le point névralgique de toute la région.  Fin 19e, elle était déjà dotée de tramways, d’eau courante, de fontaines, d’éclairage public et du télégraphe.

1902

Ravagée en 1902 par une éruption volcanique, le poids de la catastrophe est encore palpable dans l’air et la pierre. Près de 28 000 personnes périrent en quelques minutes. Les victimes furent d’abord soufflées par la nuée ardente puis ensevelies sous 3m de cendres. Après la catastrophe, St-Pierre sera rayée de la carte de la Martinique jusqu’en 1923. Aujourd’hui, elle compte 5 000 habitants. Cependant, le déclin de la ville avait commencé bien plus tôt. L’une des causes:  le bateau à vapeur. Cette invention révolutionnaire demandait un amarrage direct au port et non plus à 50m de là. Le port de Fort-de-France mieux dessiné pour accueillir de tels navires pris son essor.

Rempli de ces images, les rues vous guideront jusqu’à l‘ancien théâtre, les ruines du Figuier, la cathédrale, le pont de Roxelane (seule construction ayant résisté à l’éruption) et le musée Volcanologique de Franck-Perret. Ce dernier relate avec émotion l’année 1902 à travers panneaux explicatifs mais aussi objets fondus retrouvés sur les lieux. Car une catastrophe en attirant une autre, la nuée déclencha un énorme incendie qui embrasa les tonneaux de rhum. La température monta jusqu’à 900°C et la ville brûla plusieurs jours.

Louis-Auguste Cyparis

L-A Cyparis

Louis-Auguste Cyparis

De l’ancienne prison, il ne reste plus que 4 cachots dont celui de Louis-Auguste Cyparis, seul survivant de la catastrophe de 1902. Il mourra en 1930 dans la misère après avoir été montré comme attraction au cirque Barnum.

Petit train Cyparis

Pour le petit train « Cyparis express » (1h), c’est tout un folklore en basse saison: jours et horaires farfelus. Résultat: pas de petit train le jeudi mais le samedi. Dommage car hautement recommandé par nos guides.

Confiture de surettes

Au marché couvert, « Chez Georgette » nous a fait découvrir l’huile de Roucou. Très bon pour la peau mais surtout elle protège des moustiques. 6€ le flacon. Toute la famille en a profité. Au 1er étage du marché, Le Guérin propose des produits locaux. Menu à 13€. Belle découverte: le T’Punch à la confiture de surettes.

Pour des souvenirs artisanaux, faites un tour par le Kai Bambou. Un bracelet en cuir décoré de belles pierres bleues vous coûtera 16€.

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Le Marin et restaurant Le Mabouya

Le Marin

Pour la journée plage et promenade, c’est loupé. Il tombe des cordes. Du coup, visite du marché couvert du Marin. Tout aussi intéressant que celui de Saint-Pierre ou de Fort-de-France pour faire le plein d’épices, vanille, rhums arrangés, fruits et tartelettes maison.

Un beau choix de rhums arrangés et d'épices sur les marchés

Un beau choix de rhums arrangés et d’épices sur les marchés

Ensuite, mauvaise expérience au Ti Toques. 45 minutes pour une pizza. Après 15 minutes, il n’y avait « pas d’artichauts ». Après 45 minutes et un peu d’énervement, la patronne m’annonce qu’ils ont raté la pizza…et qu’il faudra…attendre. Aucune excuse, juste un « Ca arrive ».

Pour faire passer la « pizza fantôme », petit tour spirituel: église Saint-Etienne et son cimetière. Son beffroi et son clocher sont en bois d’Inde provenant du Morne Gommier et ses tombes sont carrelées comme des salles de bains. Pour la petite histoire, l’autel grandiose en marbre aurait été destiné à la cathédrale de Lima. Le bateau s’étant échoué près des côtes, la ville racheta l’ouvrage.

Le dimanche matin suivant, nous y avons assisté à l’office de…7h. Il faut s’imaginer une église remplie de citoyens vêtus comme pour un mariage, des chants, un lieu aéré ouvert sur la mer. A la fin de l’office, tout le monde se fait la bise et se souhaite plein de bonnes choses. Beau.

Le Mabouya-Hôtel Corail

Le soir, nous avons clôturé cette belle journée par une visite au restaurant Le Mabouya (Hôtel Corail) à Sainte-Luce. Notre coup de coeur. Ici aussi, nous y retournerons plusieurs fois au cours de notre séjour.

Un beau restaurant ouvert sur la baie avec vue sur le Rocher du Diamant*, la mer des Caraïbe et la « femme couchée ». Superbe coucher de soleil tout en découvrant la cuisine subtile et savoureuse des lieux.

Planteur offert avec le coupon découpé dans les sets de table.

La vue depuis le restaurant: le Rocher du Diamant à gauche, la femme couchée à droite.

*Le Rocher du Diamant est toujours reconnu comme étant propriété de Sa Majesté. Tout bâtiment britannique se doit de le saluer avec les honneurs. Les Britanniques aiment les cailloux.

Morne Gommier, Savane des Pétrifications et Etang des Salines

Morne Gommier

En direction de Sainte-Luce, il faut monter monter monter pour arriver au superbe panorama à 360° du Morne gommier (2€).

Baltazar Trigla se fera un plaisir de vous expliquer la topographie de l’île du haut de ces 293m. Entre les explications sur les trous à cyclones, les baleines, la vie des volcans et celle des Martiniquais, on découvre toute l’île de l’Atlantique à la mer des Caraïbe en passant par la montagne Pelée.

Quelques mots sur Mr Trigla s’imposent. Ancien pilote ayant fait 27 fois le tour du monde, ayant connu la plupart des guerres du 20e siècle, il a travaillé aux côtés de Paul-Emil Victor et d’Haroun Tazieff. Il a également collaboré à l’assemblage de l’Atomium en 58!

La visite se termine un verre à la main après un petit tour par le jardin: mangue, vanille, rocou,… Nous avons quitté le site après 2 belles heures et quelques piments offerts au passage.

Vue depuis le Morne Gommier

Vue depuis le Morne Gommier

Savane des Pétrifications

Qui dit le sud, dit la Savane des Pétrifications, un ancien marais asséché. Il faut emprunter un chemin caillouteux, puis payer un droit de passage de 2,50€ par voiture pour arriver au sentier vers la Savane. Sur le chemin, la plage de l’anse Trabaud est superbe. Au passage, on y  découvre une multitude de Bernard l’Hermite et de crabes Touloulou. Ce dernier, rouge vif avec une tache noire sur le dessus de la carapace est très apprécié en période pascale. Attention où l’on marche!

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La Savane proprement dite est assez lunaire. Autrefois, on pouvait y admirer des arbres fossilisés.

Savane des Pétrifications

Ne pas oublier son chapeau et de l’eau.

Au retour, nous avons admiré des vaches brahmanes. Une sorte de zébu indien, très résistant aux maladies, dont la particularité est de pouvoir rester plusieurs jours sans boire.

Martinique-Zébu

Vaches brahmanes – Zébu indien

Etang des Salines

Deux planteurs et une petite sieste plus tard, promenade à la Grande Anse des Salines, plage la plus célèbre de Martinique. Courbe parfaite, bordée de cocotiers (voir l’article à ce sujet), raisiniers, amandiers et poiriers-pays, on préfère pourtant Anse Trabaud.

Juste de l’autre côté de la route, une promenade instructive sur caillebotis nous fait découvrir la biodiversité de l’étang des Salines (97ha) et sa mangrove.

Jardin de Balata

Macis ou Fleur de muscade

Macis de muscade

Pour notre 7e jour, temps gris et pluvieux. Nous décidons d’aller à l’éco-musée. Direction Ste-Luce et déjeuné à la Case Coco. 65€ pour nous trois! Bon, sans plus.

Le petit marché de la ville est sympa pour faire le plein de vanille, encens, graines de roucou et noix de muscade. Ces noix ont la particularité d’être enrobées de filaments (l' »arille« ). Réduite en poudre, elle rehausse le parfum des plats.

Vers Morne Rouge

La route vers Morne Rouge

Après manger, retour du soleil, nous changeons d’avis et partons vers le Jardin de Balata (12€/p) situé à 10km de Fort-de-France. Sur le chemin, on admire les belles demeures accrochées aux mornes. Jean-Philippe Thoze a parcouru le monde entier pour récolter ses 3000 espèces de plantes tropicales. Un lieu magnifique.

On y apprend d’ailleurs que la Martinique n’est pas une île aux fleurs. Ce que l’on prendrait pour une fleur n’en est pas une en termes botaniques.

Le nouveau pont suspendu lié aux mahoganys géants offre un panorama époustouflant sur les richesses du parc et sur les pitons du Carbet. Accès à partir de 8 ans! Plaine de jeux pour les enfants.

Jardin de Balata près de Fort-de-France

Jardin de Balata

Près de la maison créole, il ne faut pas rater le ballet de colibris autour des abreuvoirs. On en ressort ébloui.

Au rayon insolite: le fromager. Considérées comme magiques, les épines du fromager sont régulièrement arrachées de son tronc. C’est pourquoi il est tout lisse à hauteur d’homme.

Fort-de-France

Pour éviter le trafic vers la capitale, la vedette partant des Trois-Ilets (7€ – 30 minutes de trajet) est une alternative agréable à la voiture. L’arrivée se fait devant la place de la Savane.
Martinique-Fort-de-France
Un quart de la population martiniquaise vit dans la capitale. Au premier abord, les maisons aux toits de tôle et aux murs moisis grimpent sur les collines (mornes). Le tout donne une impression de développement anarchique sans aucune règle urbanistique. Au loin, Fort Saint-Louis (non visitable), inspiré des plans Vauban, possède une petite colonie d’iguanes verts (Iguana Iguana, famille des Iguanidae). Originaires du Venezuela, ils sont les « vestiges » du passé zoologique de l’endroit.

Fort-de-France, Martinique, maisons

Fort-de-France

Après une balade sur le front de mer, la visite de la très belle cathédrale polychrome Saint-Louis  et le Grand Marché couvert – où l’on peut y trouver du bois bandé « redresseur de zizi » – arrêt au Djol Dou. Ici, c’est un peu comme prendre un repas à la maison. La spécialité: l' »assiette d’ici » (acras, crabes farcis et boudin créole). Malgré la qualité du repas, l’accueil chaleureux, les produits locaux et la décoration exotique, nous avons trouvé l’addition un peu salée (75€ pour nous trois).

Pour nous aider à digérer le repas, coup d’oeil à la bibliothèque Schoelcher.  D’inspiration égypto-byzantine, munie d’une structure de fer signée Gustave Eiffel et d’une décoration Art Nouveau, cette bibliothèque est un bijou architectural . Pourquoi porte-t-elle le nom de Schoelcher? Elle fut construite pour accueillir les 10 000 livres offerts par le député. Malheureusement, 90% partirent en fumée suite à l’incendie de 1890.

C’est en face de la bibliothèque qu’une passante arrogante m’a alpaguée: « Attention à votre sac » nous prévient-elle, « l’endroit (place de la Savane) est bourré de junkies en quête d’argent ». Elle s’est fendue d’une réflexion comme quoi nous avions des têtes de touristes… Je n’ai pas voulu creuser en quoi consistait une tête de touriste.

Statue de Joséphine

Statue de Joséphine

A quelques pas de là, la statue de Joséphine était encore une fois décapitée. Tenue pour responsable du rétablissement de l’esclavage en 1802, elle est régulièrement attaquée.(légende pour photo)

Notre visite de la ville s’est terminée au Musée d’Histoire et d’Ethnographie (3€/p) situé dans une belle maison créole. A ne pas manquer si l’on veut en savoir un peu plus sur la vie quotidienne des Martiniquais d’Antan Lontan. Les Hollandais, chassés du Brésil au 17e siècle, auraient amené dans leurs balluchons le secret de fabrication du sucre et de la distillation du rhum telle qu’on la connaît actuellement. A l’époque, la ville s’appelait « Fort-Royal » jusqu’à l’arrivée de Bonaparte.

L’étage présente un intérieur bourgeois de la fin du 19e siècle avec meubles et objets usuels. Des poupées dévoilent les codes vestimentaires de l’époque entre fêtes et métiers. Une belle explication aussi sur les tissus (madras et satin broché, appelés douillettes) et la signification des noeux des bouts qui nous a bien fait rire. En fonction du nombre de noeuds et la manière dont ils sont noués, cela signifie « je suis mariée mais il y a toujours possibilité »,  » je suis célibataire » ou encore « je suis mariée sans ouverture ».

Coiffure: les Bouts martiniquais

Coiffes et significations

Aimé Césaire, timbre FranceUne partie du musée rend hommage à l’homme de lettres Aimé Césaire qui fut maire de la ville pendant près d’un demi-siècle.

Péninsule de la Caravelle et Sainte-Marie

Par 35°C à 8h du matin, découverte des paysages arides de la presqu’île de la Caravelle, une langue de terre s’avançant dans l’Atlantique. C’est ici tout comme dans la péninsule de Sainte-Anne que la Martinique vit le jour.

Péninsule de la Caravelle

Les balades conseillées dans notre guide étant un peu trop longues pour les petites jambes de notre fille, nous avons opté pour la visite du Phare (1862): 1 heure A/R depuis le parking. Très bien aménagé et signalé.

Un peu déçu, le phare ne se visite pas et se trouve dans les terres. En haut des marches, superbe vue sur la pointe Caracoli, les îlets, etc. Une table d’orientation détaille la topographie des lieux.

Sur le chemin de retour, nous avons rencontré des Martiniquais qui nous ont fait goûter la canne à sucre à mâcher. Délicieux!

Encore une fois, le soleil cogne sec. Il y a  peu d’ombre. Ne pas oublier son chapeau et de l’eau.

Tartane et la Trinité sont déserts en cette basse saison.

Restaurant Le Point de Vue et l’Anse Charpentier

Martinique-Restaurant Le Point de Vue à l'Anse Charpentier (Sainte-Marie)

Visiteur au « Point de Vue » à l’Anse Charpentier (Sainte-Marie)

Cette balade nous a ouvert l’appétit. Plus au Nord, nous nous sommes arrêtés au restaurant Le Point de Vue. Lové dans une superbe maison créole, elle-même enchâssée dans un splendide parc au pied de la sauvage Anse Charpentier (baignade souvent interdite vue la violence des vagues), on mange à la terrasse couverte. En bruit de fond: l’océan Atlantique. Les poules viennent de temps à autre nous rendre une petite visite, tandis que les colibris volettent autour de leurs mangeoires. En entrée, nous avons découvert le poisson à la Tahitienne. mmmmm. Menu à partir de 15€. Digestif offert sur présentation de certains guides. On reviendra. Un endroit magique. Attention, l’établissement est difficile à trouver.

Pour la petite histoire, il y a près de 20 ans, le père de l’actuelle propriétaire dut fermer les portes de son élevage aquacole. La famille ne pouvant se résoudre à abandonner les lieux, la petite cabane de gardiennage se transforma en un très beau restaurant privilégiant une cuisine et des produits locaux.

Musée de la Banane

Bananes créoles

Bananes créoles

Toujours dans la région: Musée de la Banane. Une extraordinaire expo sur ce fruit/légume assez méconnu en réalité. Tout en dégustant quelques bananes proposées gratuitement, on y apprend  que le bourgeon de la banane est un légume, que la tige peut atteindre plusieurs mètres de hauteur en moins d’une année ou encore qu’elle est un très bon antidépresseur. Cerise sur le bourgeon, il fallait venir en Martinique pour apprendre que LE spécialiste en la matière est un Belge. D’ailleurs, l’université de Louvain-la-Neuve possède la plus importante collection d’espèces au monde. Après le blé et le riz, la banane vient en 3e position dans les denrées de base de l’humanité. Attention, le bananier n’est pas un arbre mais une herbe. Les bananes ne sont pas ses fruits!

Bourgeon de banane - Martinique-Musée de la Banane à Sainte-Marie

Bourgeon de banane

Epandage

Epandage

Après l’expo, visite de la bananeraie composée d’une soixantaine de variétés. Nous avons été témoin d’un épandage par hélicoptère dans le champ voisin. Pas sûr que ce soit très bon pour la santé, la qualité de l’eau …et les bananes.

Tombolo et combat de coqs « athlètes » à Sainte-Marie

Les habitants de Ste-Marie sont les Samaritains. C’est également dans cette région que le père Labat offrit les lettres de noblesse au système de distillation qui donnera naissance au rhum. Curiosité dans cette localité: l’église Notre-Dame-de-l’Assomption et le Tombolo. La première d’inspiration baroque ressemble étrangement aux églises bleutées que l’on peut voir au Mexique.

Pour la seconde, quelques mois par an, l’îlet Sainte-Marie et la plage de Petite Anse de Sainte-Marie sont reliés par une fine langue de sable. Tel Moïse séparant les eaux, on accède à l’îlet au milieu de l’eau. A faire par une fin de journée lumineuse.

Un peu plus loin un pitt (Le Pitt Caserus) organise des combats de coqs  » sauvages  » domestiqués et croisés avec des coqs originaires d’Inde (beaucoup moins sanglant et cruel que l’on pourrait penser). Les trois grandes races sont « gros-sirop » (rouge foncé), « cendrés » (blanc et moir) et « madras » (rouge orangé).  L’ambiance y est surchauffée et les mises s’envolent. Pour en savoir un peu plus, voici l’article « Pitt Félix Casérus: combats de coqs » version martiniquaise (konba kok).

Une des plus belles journées de notre séjour.

Anse Azérot

Pour la plage en famille, il faut se diriger vers l’Anse Azérot, une des rares plages du Nord Atlantique propice à la baignade. Les Martiniquais s’y rendent armés de leur pique-nique, BBQ, et bouée. Une belle ambiance. En arrière de la plage, douches et WC sont à la disposition des baigneurs. Un chemin mène également vers les ruines de l’ancienne distillerie et de l’ancien four à chaux.

Balade nautique et rhumerie Saint-James

En route pour une petite balade nautique …qui a fini en balade « rhumérisée ».

Balade nautique et arrestation par les affaires maritimes

Balade en mer

Martinique- Le Robert: tentative de balade en mer

Lors de notre excursion à la Caravelle, sur le chemin de retour, nous avons faits la connaissance de Katy qui proposait une balade en bateau d’une journée pour 50€ tout compris. Après hésitation, nous avons accepté.

Au programme: îlets du Robert, Fonds Blancs, Iguanes de l’îlet Chancel, plongées en tuba, cocktail et repas. Notre « croisière » aura duré 30 minutes. A peine sorti de la rade du Robert, les affaires maritimes nous ont arrêtés. Le bateau était loin d’être en règle. Du coup, retour au quai. Les officiels nous y attendaient. Les organisateurs tout dépités nous ont tout de même offert le punch et les acras.  Une histoire qui nous a bien fait rire.

Rhumerie Saint-James

_DSC9775On débarque donc à la rhumerie Saint-James à Sainte-Marie (gratuit), qui depuis 1973 est passé aux mains du groupe Cointreau. Le petit train ne fonctionnait pas (décidément, on n’a pas de bol avec les petits trains!) et aucune visite du site de production n’était programmée ce jour-là.

Le musée se trouve dans une très belle habitation créole qui expose d’anciennes bouteilles, dont certaines rescapées de 1902.

Dégustation gratuite en fin de visite.

Basse-Pointe

Immigration indienne en MartiniqueUn peu plus au Nord, à Basse-Pointe, ici pas de belles plages cartes postales, pas de possibilité de plonger, pas de restos à touristes et pourtant l’endroit est envoûtant. Le port, l’église (fermée depuis le cyclone Dean en 2007), et les temples hindous sont à découvrir. Après l’abolition de l’esclavage, les Indiens originaires de Pondichéry (Sud de l’Inde) arrivèrent sur l’île pour remplacer les Africains. Même s’ils ne subirent pas le fouet ni la séparation des familles, leurs conditions de vie furent similaires à leurs prédécesseurs.

On a du mal à s’imaginer que Basse-Pointe jouissait d’une activité économique effrénée. Un train y acheminait les barriques de rhum et le sucre depuis le vieux port. Depuis les années 50, ce site fut totalement abandonné.

VitoEn revenant de Basse-Pointe, toutes les stations-services VITO étaient prises d’assaut. L’essence est gratuite aujourd’hui? Nous apprendrons plus tard qu’une grève avait été annoncée.

Lors d’un prochain voyage en 2014, on poussera la visite plus au Nord vers Grand’rivière (un de nos coups de coeur) et la distillerie Rhum J.M à Macouba.

Basse-Pointe

Basse-Pointe, le vieux port.

Ecomusée et Savane des Esclaves

Ecomusée

Indiens Arawaks

Indiens Arawaks

L’Ecomusée (3€) à l’Anse Figuier (Rivière-Pilote, du nom d’un des chefs Caraïbes) se situe dans une ancienne distillerie à quelques pas de la plage. Si la présentation est assez classique, le contenu est passionnant. On y apprend tant sur la civilisation Arawak que la culture caraïbe, la période de l’esclavage que les grandes cultures (banane, indigo, coton, …). Au second étage, on y découvre une reconstitution d’un intérieur créole. Une partie est également dédiée à Joseph Zobel, auteur de Rue Cases-Nègres.

Nous avons longuement discuté avec une des responsables. Elle nous a appris énormément sur les dangers des pesticides, et plus particulièrement sur les champs de bananes. Deux heures enrichissantes!

A midi, Le Snack de la Plage à quelques mètres du musée est parfait. Le ti-punch y est énorme! « C’est un Punch et non un Ti » répondra la patronne. Très chouette endroit et cuisine faite à la minute._DSC9821

Savane des Esclaves

Gilbert Larose

Gilbert Larose

Aux Trois-Ilets, il ne faut pas manquer la Savane des Esclaves, reconstitution d’un village Antan Lontan avec palissades en bois, sols en terre battue et toitures en feuilles de canne. Un voyage entre botanique et histoire de l’esclavage sans tabou car les premiers esclaves sur l’île étaient des…Blancs.

Gilbert Larose s’est battu pour obtenir ce terrain et y construire de ses mains cette savane mémoire: cases traditionnelles, village de « nèg mawon », culture du cacao, etc.  Il lui a fallu attendre un reportage de Geo et un autre d’Ushuaia pour que les autorités lui donnent un petit coup de pouce.

Intérieur d'une case

Intérieur d’une case

C’est au cœur de ces cases que vous aurez l’occasion de plonger dans l’histoire et les traditions martiniquaises. Après une explication médicinale des herbes et arbres entourant les lieux, la visite se termine ce jour-là par la démonstration de fabrication de la pâte de cacao. Tout le monde s’y met. Incroyable comme c’est facile. Achat de  bâtons de cacao sur place. En prime, on reçoit deux belles cartes postales et la recette de « fabrication du chocolat antillais ». Il faut savoir qu’il existe trois sortes de cacao:

  • le Crillo (« créole » en espagnol): plus proche du cacao originel, le Criollo est réputé pour sa finesse mais aussi très fragile. C’est pourquoi il ne représente que moins de 10% de la production mondiale.
  • le Forastera (« étranger » en espagnol): d’origine amazonienne, le Forastero est de qualité moyenne et donc occupe 80% de la production mondiale. Il est essentiellement cultivé en Afrique de l’Ouest.
  • le Trinitario (‘qui vient de Trinidad »): espèce hybride, le Trinitario est un cacao de gamme moyenne supérieure riche en beurre de cacao.

Le soir, les Trois-Ilets loge un très bon restaurant « Fleur de Sel« . Une maison cosy tout en briques (rares dans la région) pour une gastronomie haut de gamme sans être hors de prix. L’apéritif se prend sur la terrasse en bois à front de rue. Au menu: nems de crabes et mangue, pata negra et glace au manioc.

Croisière d’une demi-journée avec Alain (coup de coeur)

Pour notre 12e jour en Martinique, une petite croisière s’imposait. Recommandé par des Martiniquais, Alain et son bateau l’As de Coeur propose des visites à la journée ou à la demi-journée.  Au programme: l’îlet Chancel et ses iguanes, la baignoire de Joséphine, les îlets du François, la mangrove et le petit punch.

Alain connaît sur le bout des doigts la mer et l’histoire de la région. Nous étions 6 sur le bateau, quasi une visite privée. Punch, sourire, découverte et reproduction des lézards étaient au rendez-vous. Un incontournable pour une visite aquatique loin de la cohue. Ce merveilleux moment s’est terminé par une petite bouffe avec des Martiniquais présents lors de la visite.

Croisière vers le Nord de l’île

Martinique: croisère d'une journée dans le Nord avec Katamambo2- pêche d'un espadon

Pêche d’un espadon

Le nord: plage rocailleuse, falaises sauvages, Océan Atlantique déchaîné. Encore tout ébloui par notre excursion maritime avec Alain, le programme croisière ver le Nord à bord d’un Catamaran nous enchante.

L’horreur! Tout ce que nous évitions, nous l’avons eu: musique à fond, animateurs braillards, voyageurs de base fanatiques de la bronzette, et explications inexistantes, halte de deux heures seulement pour visiter Saint-Pierre. Cerise sur la mangue, l’unique baignade en tuba s’est terminée par une attaque de méduses. Seul point positif, le poulet boucané était délicieux.

Les petits plus en 2014

Grand’ Rivière

Rue 8-mai-1902, rue de la Lave, rue du Volcan, rue Cindy-08-1983, rue des Nuées Ardentes…. Le nom des rues de Grand’Rivière nous rappelle que nous sommes bien au pied de la montagne Pelée sur la pointe Nord de l’île, où sévissent les éruptions volcaniques et les ouragans.

Si le village ne paie pas de mine et les habitants sont des plus discrets, la plage et son « port » restent gravés dans nos mémoires. Un paysage sauvage à couper le souffle. Par journée ensoleillée, le centre du village devient vite un four. Raison de plus pour se rendre sur la plage venteuse.

Avec un peu de chance, vous aurez l’occasion d’admirer l’adresse des surfeurs sur « bois flots« . Ces rondins de bois sculptés sont utilisés par les pécheurs pour glisser sur les vagues, une technique originaire d’Afrique.

Habitation Bellevue – Rhum J.M.

Seule distillerie artisanale sur l’île utilisant encore sa propre canne à sucre, J-M est un bijou lové en pleine végétation tropicale. Depuis la route, on ne peut manquer ses toits rouges se détachant du vert émeraude des arbres. La visite se fait au sein même de la production: cuves de fermentation, explication des arômes, découverte des différentes espèces de cannes à sucre. Ce rhum est produit directement à partir de l’eau de la montagne Pelée. Après 15 ans, un tonneau perd jusqu’à 50% de sa capacité en liquide.

La dégustation finale au bar est une vraie surprise. Par contre, à titre personnel, nous préférons le goût de rhums moins connu tel que le Hardy.

Actuellement, le rhum J.M. fait partie du groupe GBH qui détient également le Clément. Les initiales JM font référence au premier propriétaire de la sucrerie fondée en 1790 : Jean-Marie Martin.

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Distillerie Neisson

_DSC3543Située entre Fort-de-France et Saint-Pierre, la distillerie des « Zépol Karé« , en référence au format rectangulaire de la bouteille, propose un rhum familial de qualité. Le site n’offre rien de particulier, sauf peut-être le design de la colonne Savalle en cuivre.

Par contre, le 52,5° est à savourer! La petite histoire raconte que le papa aimait le 55°. La maman préférait le 50°. Le fiston trouva un compromis et créa le 52,5°. Car oui, fait remarquable, la société est toujours dirigée par la famille Neisson.

Domaine d’Emeraude

Toujours dans le Nord, le parc régional du Domaine d’Emeraude va vous scotcher pour la journée.

_DSC3675Nous l’avons découvert un peu par hasard. Ce jour-là, nous avions décidé de visiter l’habitation Anse Latouche et le Jardin des Papillons près de Saint-Pierre, au Carbet. Arrivé sur place, le premier était fermé et le second avait déménagé au Precheur. Nous avons donc découvert par hasard les baignades à l’Anse Latouche (les rochers noirs sur lesquels se déplacent des crabes noirs sont impressionnants) et le restaurant situé juste en face: le 1643. Dans un jardin luxuriant, l’établissement propose des produits ultra frais.

En montant vers le Domaine d’Emeraude, on s’enfonce dans la forêt tropicale vers Morne Rouge (la commune la plus humide de Martinique, les appareils électriques n’y font pas long feu). Un paysage à couper le souffle. Essayer de ne pas être le conducteur ce jour-là 🙂

A l’intérieur du domaine, une expo ludique et passionnante explique la biodiversité martiniquaise. A l’extérieur, trois parcours (15, 30 ou 60 minutes) vous emmènent dans la forêt à la découverte des espèces végétales.  On s’y perd, on hume les parfums, on écoute le chant des oiseaux, on s’extasie sur un insecte, … Une promenade hors du temps.


 Excursion dans la mangrove

Ilet Robinson lors de la balade dans la mangrove avec Le Mantou

Ilet Robinson lors de la balade dans la mangrove avec Le Mantou

Au départ des Trois-Ilets, le Mantou-Ecomer propose des excursions dans la Mangrove en petit bateau à moteur. Etant en basse saison, nous étions seulement accompagnés d’un autre couple de touristes.

Encore une fois notre chauffeur fut une mine d’information concernant cette forêt tropicale inondée qui subit les influences à la fois terrestres et maritimes. Au rendez-vous de cette balade: termitières, crabes, palétuviers (rouge,  blanc, noir et gris), îlet Robinson, …


A éviter ou bof

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