Cafés et boissons

Du dabang à Starbucks : histoire d’une passion pour le café et lieux emblématiques à Séoul

Lors de mon voyage en 2012, cette passion pour le café m’avait étonnée. Je découvrais une Corée bien différente de l’image que je m’en faisais : un pays où le café se boit à toutes heures, mais pas seulement. On y vient aussi pour rencontrer, discuter, travailler ou simplement profiter d’une ambiance. C’était assez nouveau à l’époque. Et la folie des enseignes de café aux noms exotiques n’existait pas encore à Bruxelles.

En 2012, quelle surprise de recevoir son café avec des bretzels ou comme à Gyeongju, avec un spéculoos Lotus (enfin Caramelised Biscuit in English). Autre surprise, on découvrait la mousse de lait à motifs (CreamArt). Si en 2026, cela paraît d’une banalité déconcertante ; en 2012, c’était un réel étonnement. Ici la mousse de votre café vous souriait ou un ourson vous faisait un clin d’oeil. Ca mettait de bonne humeur le matin.

Retour en Corée du Sud, février 2026. Les Starbucks ont continué à fleurir, mais ils côtoient désormais une multitude de cafés internationaux ou indépendants aux noms parfois francophones pour paraître plus luxueux. Maintenant, le café se déguste tout autant dans un coffee shop très hype que dans un véritable jardin à l’ancienne ou en profitant d’une vue sur la Corée du Nord,

Mais retournons en 1999, date de l’ouverture du premier Starbucks à Séoul, à l’Ewha Womans University pour être plus précis. Ce moment marque le début de la dégustation du café non plus comme un simple breuvage mais comme un espace social. On ne va plus seulement boire un café. On choisit un endroit où rester, discuter, travailler, étudier ou simplement profiter d’un moment bien relax. Une sorte de troisième lieu, ni maison, ni travail.

Haut de gamme et raffinement pour le premier Starbucks (Photo:Creatrip).

La clé du succès ? Starbucks a bien compris que pour pouvoir s’implanter dans le pays, il devait adapter ses produits aux coutumes et aux goûts coréens. Il n’est pas rare de voir un de ces cafés installé dans un hanok (maison traditionnelle) ou un autre lieu emblématique. La marque américaine propose également des produits 100% coréens. Résultat : La Corée du Sud est le troisième marché mondial du groupe, derrière les États-Unis et la Chine.

Un désamour en 2026

Une histoire d’amour qui a pris un coup dans l’aile le 18 mai 2026 avec le scandale Tank Day. Une simple campagne publicitaire autour d’un gobelet isotherme Starbucks a déclenché une tempête médiatique. En choisissant le slogan « Tank Day », Starbucks a touché sans le vouloir à l’une des blessures les plus profondes de l’histoire contemporaine du pays : le soulèvement de Gwangju du 18 mai 1980, réprimé dans le sang par la dictature militaire. Une erreur marketing qui a entraîné pour la marque américaine excuses publiques, appels au boycott et une coûteuse opération de communication de crise.

Lisez notre article sur ce scandale historique:

Retournons encore plus en arrière dans le temps. Avant les grandes chaînes internationales, les Coréens avaient déjà leurs propres lieux de rencontre autour du café: les dabang (다방). Mais à l’époque, vous n’aviez le choix qu’entre un seul type de café : l’instantané, avec un équilibre entre le café, la crème et le sucre. (Un prochain article traitera également de ce sujet et des « leh-gee »).

Dès les années 20, l’élite coréenne et artistique venait dans ces salons autant pour en boire que pour se donner rendez-vous, se reposer, écouter de la musique ou refaire le monde, notamment dans les années 1960-1980. Une période sombre de l’histoire du pays et de la naissance de la démocratie actuelle.

Aujourd’hui, il est toujours possible de se rendre dans un dabang. Celui que je recommande est le Hakrim Dabang. Outre qu’il torréfie lui-même son café, il a ouvert ses portes en 1956 et est reconnu comme étant le plus vieux dabang encore en activité (voir notre section 5 adresses à découvrir).

Edition limitée, tasse Starbucks, Séoul
Edition limitée 2026, Séoul

5 adresses insolites à découvrir à Séoul

5 adresses totalement différentes pour un aperçu de l’éventail de possibilités autour d’une simple tasse de café.

Le plus vieux dabang

Pour le côté authentique, il faut aller traîner ses chaussures de marche au Hakrim Dabang. Outre qu’il torréfie lui-même son café, c’est également le plus vieux dabang en activité. Ouvert en 1956, la salle est restée intacte depuis les années 70 : intérieur en bois sombre, posters jaunis, vinyles, etc. Leurs spécialités : Einspänner et le Cream Cheesecake

Chargé d’histoire, vous lirez à l’entrée que « Les étudiants de la Corée qui ont lutté pour la démocratie avaient l’habitude de venir discuter philosophie, littérature et art en ce lieu« .

Horaires : 10h00-23h00
Adress: Situé au 2e étage. Seoul-teukbyeolsi Jongno-gu Myeongnyun4ga Daehak-ro 119 (Hyehwa Station sortie 3)

Un dabang version Starbucks

Starbucks Byeoldabang (스타벅스 별다방) allie le concept de la marque américaine à celui des dabang. Situé au rez-de-chaussée de la maison-mère Starbucks Korea, le nom associe « byeol » (étoile en coréen) et « dabang« . Un peu plus loin après l’entrée, un mur numérique représente une ferme de café. Un peu trop bondé à mon goût.

Horaires : 07:00 – 21:00 ou 22:00 / Week-ends et jours fériés : 08:00 – 21:00
Adresse: rez-de-chaussée de la tour State Tower Namsan (100 Toegye-ro, Jung-gu), près de Myeong-dong, Séoul.

Un jardin secret au cœur de Séoul

Cheongsudang café combine l’architecture traditionnelle coréenne, les jardins luxuriants, les bambous et les petits chemins de pierre. Conçu sur le thème de l’eau et de la lenteur, le lieu regroupe six hanoks et un grand jardin parsemé de lanternes. Dépaysement assuré.

Horaires : 10h30 à 21h00 tous les jours
Adresse : 31-9 Donhwamun-ro 11na-gil, Jongno-gu, Séoul (près de la station Jongno 3-ga).

Photo origine inconnue

Notre coup de coeur pour un café indépendant

Au pied de la colline de la N Seoul Tower se trouve un adorable mini-café au décor hyper cosy. Il offre un petit coin dégustation et un autre face à la fenêtre. Tenu par une dame ne parlant ni anglais ni français, nous avons commandé un matcha et un café latte servis dans des adorables mugs.

Le lieu, à la décoration entre Old school et British, invite à la détente, à profiter d’un moment chaleureux. La gentillesse de la dame est indéfinissable. Notre coup de coeur lors de notre dernière visite en février 2026.

Je ne le dirais jamais assez, perdez-vous pour trouver de belles pépites loin des guides touristiques.

Malheureusement, nous n’avons pas l’adresse. Donc la chasse au trésor est ouverte et dites-nous si vous l’avez retrouvé.


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