Affiches de films coréens exposées au Korean Film MuseumCinéma

Korean Film Museum à Seoul : un voyage à travers le cinéma coréen

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Le Parfum des Mandarines
Korean Film Museum à Seoul : un voyage à travers le cinéma coréen
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Même si le musée recommande de réserver en ligne, nous y sommes allés sans réservation et il n’y avait pas grand monde sur place (nous étions en février 2026). Un musée confidentiel, à l’écart des grands spots touristiques de Séoul.

En parlant de petit robot tout mignon, il nous a fait une frayeur. Il vous accueillera à votre arrivée. Mais, comme nous, ne paniquez pas lorsqu’il se mettra à vous suivre jusque dans la salle suivante ! Il cherchait simplement à rejoindre sa borne de recharge, située juste devant nous. Il s’adressait bien entendu en coréen. Nous avons eu l’impression d’être dans une série SF à la Cassandra.

La Corée ne cesse de surprendre, même dans ses musées.
Rechargement avec des coeurs dans les yeux

L’exposition permanente, intitulée « Korean Film: Seeing » (한국영화를 보다 ), propose un parcours chronologique qui permet de comprendre comment le cinéma est arrivé en Corée avant de devenir l’une des industries culturelles les plus reconnues au monde.

Le film Arirang, sorti en 1926, marque le début d’un véritable âge d’or du cinéma muet en Corée. Parmi les figures majeures de cette époque se distingue le réalisateur et acteur Na Un-gyu (1902-1937).

Les débuts

La visite commence avec les débuts du 7e Art dans le monde grâce aux oeuvres des frères Lumière en France, de Thomas Edison aux États-Unis et de la prolifique Alice Guy en France.

Alice Guy, une pionnière à découvrir

On traverse ensuite les grandes périodes de l’histoire du pays : la colonisation japonaise, la Libération, la guerre de Corée, la reconstruction et les profondes transformations de la société coréenne au cours du XXe siècle.

Le reflet d’une société en mutation

Le musée ne présente donc pas seulement des films comme des œuvres artistiques. Il les considère également comme des documents historiques capables de conserver la mémoire d’une société. Elles témoignent des bouleversements politiques et sociaux qu’a connus le pays, mais aussi de l’évolution des goûts, de la notion d’identité nationale, de l’influence américaine, et des modes de vie.

Madame Freedom dépeint la Corée de l’après-guerre, influencée par le mode de vie américain. Entre désir de liberté, plaisir et émancipation, le film révèle aussi les craintes liées à l’abandon des valeurs traditionnelles au profit de nouveaux modes de vie. Au premier plan, une paire de chaussures et un sac à main utilisés lors de la séquence que l’on peut voir en arrière-plan.

Après plusieurs décennies marquées par la censure, la société coréenne s’ouvre à la démocratie. Les années 1990 constituent alors un véritable tournant pour le cinéma coréen. Le développement de la VHS, l’arrivée des chaînes câblées, la construction de multiplexes et l’émergence des blockbusters transforment l’industrie cinématographique. Parallèlement, de grandes entreprises commencent à investir massivement dans le secteur, contribuant à sa modernisation et à sa professionnalisation.

Ces évolutions posent les bases du renouveau du cinéma coréen et favorisent son rayonnement ainsi que sa reconnaissance croissante sur la scène internationale.

L’un des espaces les plus intéressants selon moi, qui suis une grande fan des films coréens, est consacré à une sélection de 100 films coréens emblématiques (« One Hundred Korean Films »). Des classiques aux œuvres plus contemporaines, cette sélection permet de mesurer la richesse et la diversité de l’identité cinématographique coréenne si particulière.

Le moment de bonheur ultime fut d’arriver à la partie consacrée aux costumes et aux objets utilisés dans The Host, Parasite, Joint Security Area, Exhuma, …. Se dire que Song Kang-ho, Bae Doo-na, Kim Go-eun ou encore le légendaire Choi Min-sik ont porté ces vêtements !

Le musée accorde également une place importante au processus de création d’une oeuvre. Comme une enfant dans un magasin de jouets, je découvrais les notes de réalisation, les rushes, les objets personnels ainsi que les trophées provenant de festivals.

Cette approche rappelle qu’un film est toujours le résultat d’un travail collectif. Réalisateurs, acteurs, scénaristes, chefs opérateurs, monteurs, preneurs de son et techniciens contribuent chacun, à leur manière, à donner vie à une œuvre.

Trophées de festivals et de cérémonies de remise de prix exposés au Korean Film Museum à Séoul.
Trophées provenant de festivals et de cérémonies récompensant des œuvres cinématographiques coréennes.

Le Korean Film Museum cherche aussi à faire du visiteur un participant. Loin d’être un simple musée où l’on déambule entre des vitrines, le Korean Film Museum propose plusieurs dispositifs interactifs et audiovisuels. On peut regarder des extraits de films, manipuler d’anciens équipements de tournage ou encore comprendre les différentes étapes de fabrication d’un film d’animation.

C’est aussi ce qui rend la visite intéressante même pour les personnes qui ne connaissent pas particulièrement le cinéma coréen : l’exposition permet d’en découvrir les grandes étapes sans être trop académique.

Projection de films muets

A la fin de la visite, une salle vous attend afin que vous puissiez coloriser un célèbre film muet de votre choix. Une fois la colorisation terminée, la création est projetée sur un écran.

Notre oeuvre à partir d’un extrait d’un film de Georges Méliès

Pour moi, le Korean Film Museum est une excellente surprise à Séoul. Sa taille relativement modeste permet une visite agréable, sans l’impression d’être noyé sous les informations. Les nombreuses installations interactives apportent également un côté ludique qui rend le musée accessible même lorsque l’on n’est pas passionné de cinéma.

Et si, comme moi, vous aimez le cinéma coréen, la présence de costumes, d’objets et d’accessoires provenant de films emblématiques rend évidemment la visite encore plus réjouissante.

Info pratique: adresse, prix, accès

Categories: Cinéma, Itinéraires, Seoul

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