Avant, Après la campagne de reforestation en Corée du SudHistoire & Société

La Corée du Sud a planté des milliards d’arbres : l’un des plus vastes programmes de reforestation de l’histoire

La Corée du Sud est aujourd’hui un pays particulièrement vert, avec ses parcs, ses montagnes et ses jardins. Pourtant, au lendemain de la guerre de Corée, en 1953, le paysage était tout autre. Les forêts sud-coréennes avaient quasiment disparu, en raison du conflit, mais également de l’exploitation intensive menée durant l’occupation japonaise et de la forte demande en bois de chauffage.

Face à la dégradation des paysages et à la catastrophe environnementale qui se dessinait, le gouvernement a mis en place une politique ambitieuse. Dès 1961, une nouvelle législation forestière a posé les bases d’une politique de reboisement qui sera ensuite renforcée par le plan décennal de développement forestier, lancé en 1973.

Une mobilisation nationale

Son objectif : restaurer rapidement les espaces dégradés et mobiliser la population dans un vaste mouvement national de reverdissement du pays. Les villages, les familles, les écoles et différentes organisations publiques ont été mobilisés autour de cette campagne nationale.

Crédit photo: 연합뉴스 (Yonhap News)
Crédit photo: 연합뉴스 (Yonhap News)

Les résultats ont dépassé les objectifs. Lors de son lancement en 1973, le premier plan décennal de développement forestier prévoyait e reboiser un million d’hectares en dix ans, avec une échéance fixée à 1982. Dès 1978, 1,08 million d’hectares avaient été reboisés, soit 108 % de l’objectif initial.

L’expérience sud-coréenne montre ainsi qu’une politique de reboisement ne repose pas uniquement sur la plantation d’arbres. Elle nécessite également la participation des populations locales et la mise en place de politiques publiques capables de s’inscrire dans la durée.

Aujourd’hui, les forêts couvrent environ 6,3 millions d’hectares, soit 63 % du territoire sud-coréen.

Crédit photo: UNESCO
Crédit photo: UNESCO

Un exemple pour le monde

Le modèle sud-coréen est aujourd’hui étudié à l’international comme une expérience majeure de restauration forestière. En 2025, l’UNESCO a inscrit les Archives de la reforestation coréenne au registre international de la Mémoire du monde. Ces archives, qui regroupent 9 619 documents, témoignent des politiques et des programmes mis en œuvre au fil des décennies. Elles permettent notamment de documenter la manière dont l’État, les collectivités, les villages et différents acteurs de la société ont participé à cette transformation.

L’histoire sud-coréenne rappelle ainsi une réalité parfois oubliée dans les débats sur la reforestation: planter des arbres ne suffit pas. Pour qu’une forêt puisse survivre et se développer, il faut aussi réduire les pressions qui provoquent la déforestation, protéger les jeunes plantations, mobiliser les populations locales et inscrire l’effort dans une politique publique menée sur plusieurs décennies.

Cette stratégie a profondément transformé le paysage du pays. En l’espace de quelques générations, des montagnes autrefois fortement dégradées sont redevenues largement verdoyantes.

Crédit photo: Korea Society of Forest Policy

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